Qu'est-ce que la Revue de synthèse ?









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Créée en 1900 par Henri Berr, la Revue du synthèse est aujourd'hui publiée sur papier et sous forme électronique avec les éditions Springer-Verlag France.

Sur notre programme
Par Henri Berr, 1900, n°1 (I/1), p. 1-8

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  (1ère série, 1900-1913, avec la Librairie Léopold Cerf)
1900 (1ère série)

"C'est par le développement de la Revue qu'on verra ce qui est destiné à prospérer et ce qui n'a point d'avenir. Rien ici de rigide, mais la souplesse même de la vie : il est possible que l'intérêt de telle partie du programme s'épuise à un moment donné, que tel genre d'articles fasse place à tel autre d'abord négligé."
"Faire ressortir ce qu'il y a de propre et ce qu'il y a de commun à l'histoire politique, à l'histoire économique, à l'histoire des religions, à celles de la philosophie, des sciences, de la littérature et des arts ; recueillir les résultats de l'expérience, les réflexions d'esprits distingués qui se sont appliqués avec succès à telle ou telle partie de l'histoire ; amener les philosophes à préciser une section importante de la logique des sciences qui, même dans les meilleurs traités, est encore vague et imparfaite : cela n'est peut-être pas sans utilité."

"Aboutir en histoire à la psychologie, voilà qui est tout à fait nécessaire, mais qui est infiniment délicat [...]. Mais cette synthèse historique, cette psychologie où aspire la Revue nouvelle – qu'est-ce par rapport à la sociologie ? […] Les indications qu'on va donner seront à dessein assez peu appuyées. Il ne faut pas, en effet, qu'on ait l'air d'apporter des solutions dès le début, alors qu'on se propose surtout de faire apparaître les problèmes, pour que tous ici travaillent à les résoudre peu à peu, méthodiquement."
"Il nous semble que, parmi les sociologues français, le grand mérite de M. Durkheim et de son groupe, - mérite que ne sauraient méconnaître ceux-là mêmes qui contestent telle idée générale du fondateur de l'Année Sociologique, - c'est d'avoir appliqué une méthode précise, expérimentale, comparative, aux faits concrets de l'histoire. Il est possible qu'il y ait à tirer des indications utiles d'une étude - fondée sur les faits, mais plus abstraite - des formes d'association : mais étudier les faits économiques, religieux, moraux, juridiques, politiques, de ce point de vue concret et comparatif, voilà qui est d'une utilité manifeste. Il y aura donc dans cette Revue une part de sociologie positive ; et cette part devait revenir, puisqu'ils ont bien voulu s'en charger, à des collaborateurs de l'Année Sociologique. Il pourra y avoir à d'autres places des interventions variées, des discussions (et on les souhaite) sur la philosophie sociale, sur les conceptions de la sociologie : mais ce qu'on trouvera dans la partie des revues générales, c'est le résultat des recherches positives et des méthodiques analyses de l'Année Sociologique."
"Il semble [...] que l'œuvre historique puisse être attaquée de façons diverses. C'est rendre un réel service au sociologue – comme d'ailleurs à l'anthropologiste ou à l'ethnographe – que de l'inviter à préciser, à restreindre sa tâche, au lieu de lui permettre d'aborder tout et de résoudre les problèmes, grands et petits, l'histoire de son point de vue personnel. La synthèse historique n'est pas pour brouiller ce qui commençait à être démêlé, mais pour amener, tout ensemble, les diverses équipes à mieux accomplir chacune leur tâche propre et à mieux s'entr'aider en concevant plus nettement l'œuvre commune."
 

Au bout de dix ans
Par Henri Berr, 1910, n°61 (XXI/1), p. 1-13
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"Ce qu'on entendait par cette tâche [à accomplir], le voici. C'était, avant tout, réagir contre les abus d'analyse et de spécialisation qu'avaient entraînés en France, depuis les environs de 1870, la hantise des méthodes érudites et le culte de la philologie germanique. C'était éviter, cependant, le retour de la philosophie de l'histoire qui avait sévi jadis, surtout en Allemagne, et qui avait rendu la synthèse suspecte."
"Toute entreprise, disions-nous [en 1906] en inaugurant notre second cycle de revues générales, a à lutter contre la mort lente de la routine, du mécanisme. Nous nous sommes formé l'idéal d'une Revue qui se rajeunirait et se renouvellerait sans cesse, en portant toujours son effort du bon côté."
    

Nouvelle série
Par Henri Berr, 1913, n°79-80, t. XXVII, n°1-2, p. 1-3 (2ère série, 1913-1930, avec les éd. L. Cerf, Ed. Mignot et J. Tallandier, puis La Renaissance du Livre)
1913 (2ème série) Création de la Bibliothèque de synthèse historique qui prendra ultérieurement la forme de la collections L'Evolution de l'humanité.

"La théorie de l'histoire est nécessaire ; et, au moment où la Revue s'est fondée, elle était trop négligée, - en France du moins. Elle permet de dégager, de préciser des problèmes - très différents des questions méthodologiques que soulèvent les recherches d'érudition. Nous avons ici distingué nettement les deux degrés du travail historique : érudition et synthèse érudite, science et synthèse scientifique."

"[… Si] aujourd'hui le concept d'histoire, unifiant la diversité des disciplines historiques, s'étend aux manifestations les plus variées de l'activité humaine, on ne saurait guère contester que la Revue y soit pour quelque chose. Mais notre préoccupation essentielle a été de promouvoir la théorie de l'histoire, d'élucider les principes et de préparer les cadres d'une science explicative - aussi distincte de la pure analyse ou de la pure narration que de la philosophie a priori. Il nous a semblé que, peu à peu, dans les discussions provoquées ou enregistrées par la Revue, une doctrine se constituait, tout au moins que se formulait des hypothèses régulatrices de la science."
"Nous l'avons dit souvent : nous ne redoutons rien tant que la demi-stérilité de la routine ; nous souhaitons que la Revue se renouvelle sans cesse et qu'elle s'ingénie perpétuellement— pour mieux servir, à la fois, les intérêts permanents et les besoins de la science historique."
    

"Pour la science"
Par Henri Berr, 1925, t. XL, n°118-120, p. 5-12 (suivi des statuts de la fondation "Pour la science", p. 13-16)
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1936 (3ème série)

Henri Berr à son bureau
Au bout de trente ans, la revue organe du centre
Par Henri Berr, 1931, t. LI, n°1, p. 3-8 (3ème série, 1931-1985, avec les éditions La Renaissance du livre, puis Albin Michel)
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1945 (3ème série) 1960 (3ème série) 1985 (3ème série) 1986 (4ème série)
  Volume sur Gallica2
Aux lecteurs
Par Jacques Roger, Jean-Claude Perrot, Ernest Coumet, 1986, t. 107, n°1-2,
p. 5-7
(4ème série, 1986-2001, avec les éditions Albin Michel)
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"Le premier [objectif], c'est d'associer constamment la réflexion historique à l'observation du présent […]. Ce que nous voulons essayer de faire, c'est de suivre les fils parfois visibles, souvent cachés, qui unissent le passé au présent et, dans le présent même, relient les unes aux autres des tentatives apparemment indépendantes. Pour nous, cette recherche à un nom : elle s'appelle histoire intellectuelle […]. L'histoire intellectuelle telle que nous la comprenons ne se limite pas à l'histoire des idées, même si celle-ci lui appartient de plein droit. Le développement des sciences humaines et sociales […] a montré que toutes les activités et toutes les pratiques humaines sont susceptibles d'une analyse qui met en évidence la pensée, claire ou confuse, des acteurs humains. Une institution, une pratique technique, l'usage privilégié de tel objet matériel, un type d'organisation ou de gestion peuvent ainsi mettre en évidence des attitudes mentales et intellectuelles que nous n'entendons pas négliger. Ainsi comprise, l'histoire intellectuelle échappe au reproche traditionnellement adressé à l'histoire des idées, d'étudier des entités abstraites qui se développeraient dans un vide historique."
     


1988 (Cahier de synthèse) 1996 (4ème série/n°spécial) 2001 (4ème série), en ligne
  
Aux lecteurs
Par Éric Brian, 2002, t. 123, n° annuel, p. 1-5(5ème série, 2002-2006, avec les éditions 'Rue d'Ulm' de l'École normale supérieure)
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2002 (5ème série), en ligne

"Nous nous sommes formé l'idéal d'une revue qui se rajeunirait et se renouvellerait sans cesse, en portant toujours son [effort] du bon côté, écrivait Henri Berr en 1911. Ainsi l'histoire économique et sociale tout particulièrement pour les époques modernes et contemporaines, plusieurs ouvrages récents le démontrent aujourd'hui, s'est renouvelée au cours des quinze dernières années dans l'examen critique, issu de l'histoire intellectuelle, de l'histoire culturelle et de l'histoire des sciences, des savoirs et des savoir-faire qui ont forgé les sources et les critères de leurs enquêtes. Ainsi l'histoire des sciences de l'homme et celle des savoirs économiques ont connu en une vingtaine d'années un essor considérable, de sorte qu'on peut enfin parcourir sans trop d'entraves le continuum synchrone des spécialités anciennes pour chacune des périodes que nous reconnaissons dans les quatre siècles passés."

"Ainsi l'enquête sur l'historicité des sciences et des techniques, amplement renouvelée depuis trente ans, est passée de la fébrilité du bouleversement des méthodes et des objets à la possibilité de nouvelles investigations épistémologiques qui prennent au sérieux, sans complaisance toutefois, le travail de la science. Ainsi, enfin, l'histoire intellectuelle du XXe siècle est aujourd'hui un domaine d'enquête assez mûr pour que les travaux sur cette période, qu'ils touchent à l'histoire économique et sociale, à l'histoire des sciences ou à l'histoire politique, puissent éviter la naïveté qui consisterait à oublier que, depuis le vaste mouvement d'institutionnalisation des disciplines de la fin du XIXe siècle aux années de la Guerre froide, nos savoirs et nos sciences, naturelles ou sociales, sont la matière même du monde contemporain. Certes, ces renouvellements récents des sciences sociales et de la philosophie sont assez vastes pour n'avoir pas été le fait des seules actions conduites à la Revue de synthèse. Pourtant, il suffit de parcourir la liste des titres des dossiers parus depuis 1986 pour mesurer la part qu'y a prise la Revue, mobilisant ceux qui y contribuaient en France ou à l'étranger."
"Il n'est pas nécessaire de beaucoup spéculer pour envisager que les prochaines décennies connaîtront des bouleversements considérables de nos espaces pratiques et intellectuels de travail. En France, les renouvellements démographiques des personnels de la Recherche et de l'Université, les changements institutionnels qui les accompagneront, auront nécessairement pour conséquence des révisions importantes de la définition des disciplines scientifiques et des transformations radicales des rapports que les spécialistes entretiennent à l'égard de l'histoire de leurs formations savantes. En Europe, et ce sera là l'échelle pertinente des prochains travaux, se croiseront sans cesse les expériences intellectuelles collectives dans nos domaines de spécialité, expériences dont la mémoire est aujourd'hui portée par de multiples langues - qu'on songe au destin de la philosophie et de l'historiographie en langues allemande, italienne, française ou anglaise au fil du XXe siècle par exemple - ouvrant autant de périls, de malentendus ou d'oublis que d'opportunités scientifiques. Jamais peut-être, depuis longtemps, la nécessité de manifester, par la publication, une oeuvre internationale de synthèse collective ne fut donc plus pressante."
     

Éditer une revue scientifique
Par Éric Brian, 2004, t. 125, n° annuel, p. 229-241
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"Par coïncidence, deux éléments d’information jusqu’ici inaccessibles sont parvenus à la Revue de synthèse presque en même temps. Ils permettent de mieux cerner la réception de ses efforts au cours des dernières décennies. D’une part, le changement de partenaire éditorial et la clôture de la quatrième série, aux éditions Albin Michel, procure le moyen d’établir un état des tirages et des stocks et, par conséquent, de la diffusion au vrai des fascicules publiés depuis 1986. D’autre part, des indications complémentaires sont livrées après la tentative du CNRS en vue de mesurer l’impact des revues de sciences humaines et de sciences sociales par le biais d’une enquête inédite. Pourquoi garder secrets les constats et les réflexions que ces sources nouvelles suggèrent?"
     

Une revue et ses marchés
Par Éric Brian, 2006, t. 127, n°2, p. 238-240
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"Une revue n’est ni une collection de fascicules, ni un programme susceptible de mobiliser un ensemble plus ou moins homogène de contributeurs, ni même encore un lectorat attentif à tel dossier particulier ou bien soucieux de consulter la collection de référence. C’est d’abord un ajustement effectif entre ces trois éléments dont l’analyse systématique offre, on le sait, des voies nouvelles pour l’histoire intellectuelle. En principe, la rédaction se doit d’assurer la dynamique de la mobilisation des textes, d’entretenir la pertinence de la forme matérielle de la publication et de prêter attention à l’accueil des livraisons comme à leur diffusion. Ce faisant, délibérément ou non, elle travaille à cet ajustement dont le produit n’est pas à strictement parler l’ouvrage mis en vente mais à la fois ce support et la pertinence qui lui est accordée au moment de sa parution. Ainsi les produits commerciaux qui résultent de l’activité de la revue, ceux qu’en fin de course les codes ISBN suffisent à décrire, sont les « co-produits » nécessaires (dire « sous-produits » serait réveiller un préjugé qui biaiserait l’analyse) d’un tout autre commerce dont l’entretien est à la charge des rédactions. Le même matériau, le fascicule, fait ainsi coïncider aux yeux de ses contemporains deux marchés radicalement différents : celui du bien matériel qu’est le livre et celui des biens symboliques qu’il comporte. Les fortunes de ces deux biens divergent au bout de quelque temps, comme le savent pertinemment les bibliothécaires, les bibliophiles, les marchands de livres d’occasion, les pilonneurs et… les historiens intellectuels ou ceux qui portent ultérieurement la mémoire collective des travaux publiés."
     

Travail de synthèse et diversité des langues
Synthesis work and diversity of languages

Par Éric Brian, 2007, t. 128, n°1-2, p. 5-18 (6ème série, depuis 2007, avec les éditions Springer-Verlag France)

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2006 (6ème série), en ligne sur Springerlink

"Il s’agira donc au fil des publications de cette sixième série, partant de l’expérience française, renouant avec d’autres homologues, de construire un instrument fondé sur la pluralité des langues qui puisse offrir à la recherche en sciences sociales, en histoire et en philosophie comme une langue commune, propre au contrôle raisonné du travail de la pensée, et susceptible de préciser les lieux où, dans chaque tradition intellectuelle et dans chaque langue, peuvent se rencontrer les différentes disciplines concernées. Au passage on indiquera la possibilié de voies nouvelles, on tentera d’enrichir les dialogues fondés... et on n’hésitera pas à ruiner le commerce de contrefaçons que la circulation globale des idées ne manque pas de favoriser – autant de bienfaits à attendre d’une langue des sciences formée sur une expérience scientifique collective déjà très longue de la nécessaire diversié des langues."

"In the course of the publication of this sixth series, using French experience as its base, initiating new relationships with counterparts, the purpose will be to construct a tool derived from the plurality of languages, which could provide research in social science, in history and in philosophy with a sort of common language, favourable to the reasoned command of the thinking work, and likely to determine the grounds whereon the different disciplines concerned can meet, within each intellectual tradition and each language. In passing, the possibility for new approaches will be indicated, an attempt will be made to enrich the dialogues engaged in... and there will be no hesitation in ruining the counterfeiting trade, which is unmistakably made easier by the global circulation of ideas – all being expectable benefits of a science language built on an already long-standing collective scientific experience of the necessity for a language diversity."
     

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